Attention, ce texte s'adresse aux plongeurs recycleurs ayant bien compris le fonctionnement de leur appareil. Pour les autres, formez vous et renseignez vous avant d'essayer ce genre de machine.
IGNORANCE = MORT

IDA71 : La tortue verte venue de l'est


Après quelques hésitations, j'ai commandé à Vladimir un recycleur CCCR IDA71

Oui c'est un CCCR fleuron des CCCP. Trève de plaisanterie, le CCCR est un CCR chimique. C'est un recycleur à l'origine capable de plonger à 15m à l'O² pur (normes militaires russes, à déconseiller) et qui par un système de purge automatique fait une vidange des poumons vers 15m avec du nitrox 50. A ce moment là, le plongeur russe descend allègrement jusqu'à 40m! Soit une PPO² de 2.5 bar toujours au normes militaires russes bien entendu. Le problème c'est qu'a partir du moment où la purge hydrostatique l'a fait passer en mode nitrox, le système d'ajout d'O² est fait par un corps chimique (Oxyde O3) qui n'est pas livré avec la machine et qui est plutôt dangeureux. (voir incendie de la station Mir)

A la remontée, vers 15m, la purge hydrostatique se remet en marche et vidange le nitrox pour repasser en O² pur.

C'est une machine "tout automatique" sur laquelle il n'y a auccune possibilité d'intervention manuelle (pas d'ajout d'O², de diluant, pas de purge de faux poumon) si ce n'est que de fermer les bouteilles d'O² et de Nitrox. Il y a 2 manomètres à l'affichage fluorescent (radioactif), mais il n'y a pas d'électronique, donc pas de mesure de PPO², pas de buse qui risque de se boucher...

Bref c'est du simple, du solide et bien pensé. Celà ne correspond pas aux critères occidentaux, mais en ayant la foi en la mécanique russe, ça marche. Ceci dit, tous les plongeurs en CCR ont bien la foi en leurs cellules O²...

l'intérieur l'intérieur

Voici mes premières impressions : L'IDA71 est une machine dont la qualité de fabrication est excellente. Rien que du métal amagnétique (mines obligent) et seulement 2 capuchons en plastique absolument pas indispensables au bon fonctionnement de la machine. Un unique faux poumon inspiratoire (attention aux entrées d'eau!) en caoutchouc, d'une fabication plutôt élaborée, en tout cas fort coûteuse. Une coque en aluminium d'un beau vert discret, des bouteilles en alu pour le nitrox (1.5L) et en Inconel (acier spécial à forte teneur en Chrome) pour l'O² (1L), le tout relié par une connectique très fiable de type aviation (L'IDA71 sert aussi aus parachutistes et aux pilotes à haute altitude (8000m). Et voilà pourquoi il pèse 18 kg! (30kg pour un Buddy).

l'intérieur l'intérieur

Pour la mise à l'eau, j'ai laissé la machine à l'état d'origine j'ai juste remplacé le harnais russe par une stab et mis un embout normal sur le DSV à la place du masque facial d'origine. La bouteille de nitrox est externe et se porte à droite. Elle peut être facilement débranchée sous l'eau. Donc je pars sur l'O² pur, je purge de mes poumons pour vider l'azote résiduel et je m'immerge. Après quelques instant d'adaptation je trouve mon équilibre et je suis Joel équipé de son buddy. La respiration est assez souple, très confortable lors des positions verticales (faux poumon dorsal oblige) et un peu moins en déplacement à l'horizontale.

l'intérieur l'intérieur

Comme convenu vers 9m, je ferme mon embout et je passe sur détendeur pour tester la purge automatique. Vers 15m, la purge commence et le nitrox chasse l'O², ce qui fait baisser la pression de nitrox de 30b environ. Je descend jusqu'à 20m toujours en circuit ouvert puis remonte. A 17m c'est à nouveau la purge pour remettre de l'O² pur, ce qui me coûte 50b de pression d'O². A 6m, je repasse sur l'embout recycleur, je vidange mes poumons et je rentre tranquillement.

Conclusion : C'est un bonne base de recycleur à O² pur qui peut devenir une machine tout à fait fiable une fois modifiée avec une vanne KISS par exemple.

Pascal

Remerciements : Jean Pierre pour les photos, Joël pour la sécurité.